Les amants de Vérone
29 07 2007Par Réjean Mélançon
Rédigé le dimanche 29 juillet 2007

Je viens d’entendre à la radio, la version italienne d’une chanson qui a beaucoup émue mes années au collège, ainsi que ma jeune vingtaine.
Roméo et Juliette - le film de Franco Zeffirelli et « A time for us », version anglaise de la chanson thème du même film, chanté par Engelbert Humperdinck, ont profondément marqué toutes ces années.
J’ai vu ce film des dizaines de fois, en restant même dans la salle à quelques reprises après la représentation, pour assister à la séance suivante. L’émotion était toujours la même; je brûlais d’éprouver un jour, une passion amoureuse semblable. Et une fois rendu chez moi, je remettais inlassablement mon disque d’Engelbert Humperdinck, pour écouter et réécouter comme un malade, « A time for us », tout en pleurant comme une Madeleine. C’est que je suis un grand romantique, voyez-vous?
J’idéalise peut-être un peu trop l’amour. J’ai toujours recherché LE GRAND AMOUR, l’âme soeur. Tout doit y être aussi, la beauté, la passion et l’extase.
Mais il y a toujours un « MAIS », quand on ne s’est jamais aimé, inutile d’espérer. Pour trouver un aussi grand amour, il faudrait au préalable qu’on ait éprouvé une pareille passion pour soi-même. Il aurait aussi fallu, dans mes moments d’intimité avec mon âme, que j’ais expérimenté ce que devrait être, la véritable extase.
J’ai vu trop grand, d’où sans doute ma préférence pour le rêve.
Aujourd’hui, tout est beaucoup plus simple. Les mentalités ont bien changé aussi.
En regardant la photo de mes seize ans, je me dis que ce minois aurait pu faire l’affaire. La beauté y était, ainsi qu’une passion naissante pour un beau garnement qui m’accordait son amitié lorsque nous étions au collège.
Il me manquait l’amour et l’extase, et surtout, la chance de naître à une époque qui soit plus favorable à ma différence.
Catégories : Souvenirs



















