Par Réjean Mélançon
Rédigé le vendredi 29 août 2008

Te voilà repris sur le fait !
Au matin, l’odeur tant exécrée de la veille, titillait de nouveau mes narines. Un simple coup d’œil me permit de voir que la cafetière n’était plus à sa place. Ce futé matou n’a rien à son épreuve, mais il n’est pas aussi intelligent qu’un Biquet. Pensait-il sottement, que je ne m’apercevrais d’aucun changement et que je ne saurais pas qu’il avait réintégré le lieu interdit ?
Cette fois, j’ai décidé de prendre les grands moyens. La lessiveuse fut retirée complètement de son emplacement. Il y avait désormais un espace béant qui non seulement attira les autres chats de la maisonnée, mais qui était aussi assez grand pour laisser passer un Biquet de 76 kilos ( je suis bien loin des 60 kilos, d’il y a un an ).
Nous nous sommes toisés du regard durant quelques longues et interminables secondes, avant que je me place de côté, pour lui laisser le chemin libre. D’un geste, je lui ai montré la sortie et sans se faire davantage prier, sachant désormais qu’il n’aurait pas le dernier mot avec Dom Biquetto, notre minet, tout penaud, sorti en courant, pour aller réintégrer le dessous de mon lit.
Cette fois, j’ai décidé que la lessiveuse allait demeurer dans cette position jusqu’au retour de mes sœurs. Il ne lui restait plus que l’arrière du frigo où se réfugier, mais cela ne me dérangeait guère, puisque tous les chats y avaient accès.
De nouveau, j’ai dû procéder à un lavage de plancher et bien que l’odeur persistait toujours un peu, elle était devenue tout à fait supportable. Je pouvais me tenir debout sur les lieux du crime en respirant à grand poumon, tout en conservant mon joli teint rosé.
Avec tout ce chambardement, j’en avais oublié de prendre mon petit déjeuner ainsi que mes deux cafés habituels du matin. Ce que je fis sans plus tarder.
D’où j’étais assis dans la cuisine, pendant que je déjeunais, j’avais une vue sur le corridor menant à ma chambre. De temps en temps, Zacharie montrait le bout de son nez, pour me fixer du regard. J’en profitais pour lui faire la conversation de ma douce voix de Biquet, en reprenant un laïus que j’avais déjà abordé avec lui, pour lui faire comprendre qu’il n’avait pas à avoir peur de moi. Ce charmant dialogue « à sens unique », dura une bonne vingtaine de minutes.
Finalement, Zacharie décida de s’approcher à pas très lents. J’étais ravi. Enfin, me disais-je, il se laisse apprivoiser. J’ai continué à l’encourager en lui tendant du bout des doigts, une gâterie que tout minet qui se respecte, adore en règle générale. A mi chemin, Zacharie décida de s’asseoir pour m’observer avec attention. Sans doute voulait-il s’assurer de mes bonnes intentions avant de poursuivre plus avant.
Il se releva de nouveau pour continuer à avancer tout doucement. Il arriva finalement dans la cuisine… j’étais aux anges. Soudainement, dans un éclair, il disparu derrière le frigo.
Ce fut sa résidence pour les deux semaines à suivre. Mais au moins là, il n’était pas coincé et il pouvait sortir quand bon lui semblait.
Au retour de mes sœurs, Denise réussi sans peine à le faire sortir de sa cachette. Comme son appartement à Granby n’était pas encore tout à fait prêt, à cause de travaux de peinture, elle a décidé de laisser Zacharie et Dame Marie-Chatonne de Granby au bon soin de Louise, mon autre sœur, qui elle, avait les bonnes grâces de Zacharie. Et comme je devais rentrer chez moi le soir même, pour faire plaisir à Zacharie, les filles décidèrent de placer Zacharie sous la douillette du lit où j’avais dormi. Malgré la bosse évidente qu’il y avait sur le lit, Zacharie se croyant ainsi à l’abri de tous les regards, se senti finalement complètement rassuré.
La chambre d’ami chez ma sœur, était son territoire et son refuge favori, se trouvait sous les couvertures.
Si j’avais dormi dans la chambre de ma sœur, il n’y aurait jamais eu de problèmes.
Il n’empêche qu’une fois de retour chez lui à Granby, Zacharie sentait encore fortement l’urine, et il eut droit à un nettoyage en règle…

Hi, hi, hi !!!
Non, ce n’est pas Zacharie.
Mais c’est comme cela que je l’imaginerais
après le bain.
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