LE TROU NOIR FINANCIER
22 09 2008Par Réjean Mélançon
Rédigé le lundi 22 septembre 2008

- Biquetto, je viens d’écouter une entrevue à la télévision, d’un professeur du département de finance de l’université Laval. Ce dernier compare la crise financière qui sévit sur Wall Street, à « une tentative de suicide du capitalisme américain ». Ne trouves-tu pas qu’il exagère un peu ?
- Je ne sais trop Isatis. J’ai passé pas mal de temps récemment, à lire des reportages sur le sujet, notamment des entrevues avec des gourous de la finance. J’ai aussi regardé des vidéos sur Youtube ou Dailymotion, qui traitent de la question. Pour certains, la crise ne serait que passagère et la récente intervention du gouvernement américain aurait été la chose à faire pour relancer l’économie. Pour d’autres, ce ne serait qu’un sursis avant que la série des faillites ne reprenne. Certains parlent même d’un crash financier à venir et de la chute du dollar.
- Mais si tu veux vraiment connaître le fond de ma pensée, je serais enclin à croire que l’affirmation de ce professeur de l’université Laval, se rapproche de la vérité. Je trouve inconcevable, que les financiers de haut calibre qui dirigent ces grandes banques, voient une grande partie de leur rémunération, basée sur le rendement de leur société. L’appât du gain les pousse alors à prendre des risques inconsidérés, en plaçant les économies de leurs clients dans des titres à hauts taux de rendement, mais dont la qualité est plus que douteuse. Ils se fient sur leur capacité à contrôler les risques, alors qu’ils ont démontré à maintes occasions qu’ils ne les contrôlent pas du tout. C’est dans ce sens, qu’on peut dire qu’il s’agit d’une tentative de suicide du capitalisme américain. Ces agissements « à la limite du légal » selon moi, devraient leur valoir une jolie paire de menottes et l’obligation de répondre de leurs actes devant une cour de justice.
- Quant à ce fameux plan de sauvetage du secrétaire d’état à l’économie américaine, il consisterait à injecter vers les banques, une bagatelle… quelque chose entre 700 et 1 000 milliards de dollars. Les USA forment le pays le plus endetté du monde, alors qu’ils ont une dette qui frôle déjà les 10 000 milliards de dollars. Jusqu’où cela peut-il aller ? Et à qui ces 10 000 milliards de dollars plus les intérêts sont-ils dus, si ce n’est en grande partie aux grandes banques mondiales ?
- S’il s’avérait que la chute de l’économie se réalise réellement, alors il vaudrait mieux, mon petit Isatis, qu’on essaie de penser à des choses plus joyeuses.
- Mais pourquoi donc, Biquetto ?
- Parce que c’est la haute finance qui dans les faits, dirige nos pays; nos hommes politiques ne sont que leurs laquais. Et ne dit-on pas que c’est par le biais des guerres que ces requins font leurs gains les plus lucratifs ?
- Tu penserais alors à une possible troisième guerre mondiale ?
- Pour l’éviter il nous faudra fort probablement un miracle.
- Hi, hi, hi ! Parlant de miracle, ça tombe bien mon petit Isatis, car samedi dernier lorsque nous sommes allés nous balader sur le mont Royal, rappelle-toi, à notre retour, nous sommes passés par le Vieux Montréal pour y prendre quelques photos et malheureusement, la basilique Notre-Dame n’était pas accessible en raison d’un mariage qui s’y déroulait. Que dirais-tu si nous y retournions cette semaine, pour y prendre les photos qui me manquent justement ?
- Bonne idée, Dom Biquetto ! Mais au lieu de prier la Madone, je crois que je vais penser très fort à notre ami Ursidus. Ce serait bien s’il venait passer quelques jours avec nous. Je suis sûr qu’il saura nous donner des idées plus positives pour notre avenir !
Catégories : Dom Biquetto-Isatis
























